Sœurs

Familière des chemins de traverses, Catherine Riboli s’empare volontiers des pièces de répertoire, pour en faire une approche singulière.
Elle a fait confiance à trois artistes du département, Monique Burg, Eve Nuzzo et Martine Szontagh, pour proposer une relecture intimiste des Trois Soeurs de Tchekhov sous le titre, Sœurs.
Après une première esquisse présentée à Sarlat, ce travail de création sera approfondi lors d’une résidence à Ladornac en mai prochain pour une présentation le 25 mai.
 


A partir des Trois Sœurs de Tchekhov

1/ Après une version très personnelle de La Cerisaie de Tchekhov, vous vous emparez des Trois sœurs pour en proposer une interprétation tout aussi personnelle. Qu’est-ce qui dans cette pièce vous touche particulièrement ?
Une chose m’avait frappée en préparant les répétitions de La Cerisaie : la temporalité que Tchekhov emploie et l’expérience qu’elle produit pour les comédiens, les spectateurs et les lecteurs. Comme si la partie était jouée lorsque la pièce débute et que l’histoire se racontait par bribes des années plus tard. Les Trois sœurs livre des séquences de la vie de trois jeunes femmes sur quatre années. Quelqu’un écoute, et, à travers le procédé dramaturgique, fait entendre, avec ténacité, sa conscience du quotidien. Ce que le texte de Tchekhov ne nous dit pas devient alors plus présent que ce qu’il nous dit et comme il ne nous apporte aucune réponse, nous sommes amenés à écouter autrement, au-delà de nos questions. En écoutant autrement, nous entendons autre chose. Il n’y a pas la plus petite part de complaisance chez Tchekhov. Son oeuvre offre une expérience sensible de l’altérité. Nous sommes des êtres humains et de ce fait, nos questions, nos attentes, notre besoin de comprendre nous révèlent dans notre difficulté à entendre l’autre. Nos rêves n’en sont pas, nos utopies sont défaites et tout reste à faire.

2/ Vous avez fait confiance à trois artistes qui vivent et travaillent en Dordogne. Qu’est-ce qui a présidé à ce choix et comment avez-vous travaillé avec elles ?
Ce projet est avant tout le fruit d’une rencontre. Nous nous sommes retrouvées un soir à Sarlat où venaient de jouer Martine et Eve. Nous avons parlé de La Cerisaie et Monique a dit son amour inconditionnel des Trois sœurs. Elles étaient là, debout, l’une à côté de l’autre, trois femmes, avec leur poème, leur vie, leur corps. J’étais devant les trois sœurs vingt ans plus tard.
Je les regardais. Si différentes les unes des autres, elles racontaient une sororité profonde, intelligente et complexe. J’ai eu l’intuition que l’espace qui existait entre ces trois femmes et les personnages de Tchekhov, - une inadéquation à priori -, créait une perspective, pouvait faire sonner autrement la partition, la dégager des images attendues, mettre en perspective la pièce. Olga, Macha et Irina envoyaient balader robes blanches et samovar, vingt ans plus tard, elles étaient là, tout simplement.
Après avoir lu la pièce, ensemble, nous en avons étudié très précisément la partition. Le travail a consisté élaborer une composition entre les extraits de la pièce de Tchekhov, les enregistrements de nos échanges et les improvisations, puis de revenir au plateau. La matière de Sœurs se trouve dans l’entre-deux, dans le battement que produit cette rencontre.

 

Vendredi 25 mai - 20h30
sous la halle - Ladornac

Sœurs
d’après Les trois sœurs d’A. Tchekhov
dans la traduction d’A. Markowicz et F. Morvan

Avec :
Monique Burg, Eve Nuzzo et Martine Szontagh.
Dramaturgie et mise en scène : Catherine Riboli

Production : Nom’na

Coproduction : Centre Culturel de Sarlat - ACDDP

La compagnie NOM’NA est subventionnée par Le Conseil Départemental de la Dordogne et La Région Nouvelle Aquitaine.

Avec le Centre Culturel de Sarlat, à partir de 2016, C. Riboli s’engage dans une expérience originale autour de la présence artistique. Le Département de la Dordogne, L’ACDDP et la DRAC soutiennent cette initiative et la subventionnent. Dans le cadre de ce projet, C. Riboli élabore différentes propositions artistiques dont la création Soeurs.