Le titre Clair-Obscur, terme et technique artistique, a été choisi en référence à l’interprétation du grisé dans l’oeuvre de William Kentridge. L’artiste explique que lorsqu’il entreprend un dessin, il commence bien souvent par répandre sur la feuille de papier de la poussière de fusain. Il sculpte alors celle-ci, soit en ajoutant des marques avec le fusain, soit en retirant de cette matière, qu’il décrit comme un nuage flottant entre lui et la feuille de papier. Il compare cette mécanique à celle de nos jours, composée d’avancées comme de reculs qui se succèdent et se multiplient. Le dessin  terminé reste comme le témoin de ces innombrables va-et-vient, semblables aux trajectoires de nos vies comme au devenir des peuples. Le clair-obscur reste omniprésent pendant que l’ombre libère la lumière, la caresse et la révèle.
C’est aussi à l’histoire contrastée de l’Afrique du Sud, et à son empreinte sensible – de manière plus ou moins manifeste – dans les productions artistiques, que renvoie le titre de l’exposition. Les profonds changements en Afrique australe ont engendré une fertilité artistique sans précédent sur le continent.
La lutte pour la démocratie, les balbutiements d’un nouveau régime et les questionnements qui en dérivent quittent rapidement leur caractère historique, « anecdotique » ou régionalement spécifique pour s’universaliser et tous nous interpeller.

Tenant à l’écart l’idée d’un hypothétique et folklorisant « art africain », aux critères et à la géographie variables, Clair-Obscur propose un aperçu de la création plastique de ces vingt-cinq dernières années, dans laquelle affleurent inéluctablement l’histoire et la culture africaines ; mais l’exposition révèle surtout la sagacité et la vivacité des artistes, leur liberté à exprimer leurs espoirs, la complexité de leurs appartenances, et leur présence au monde.

Avec les oeuvres de : Willem Boshoff, Andre Clements, Kendell Geers, David Goldblatt, Jonathan Hindson, William Kentridge, Themba Khumalo, Marieke Kruger, Benon Lutaaya, Mario Macilau, Nelson Makamo, Gerhard Marx, Kagiso Patrick Mautloa, Lwandiso Njara, Robin Rhode, Tracey Rose, Minnette Vári

*Southern African Foundation For Contemporary Art, créée en 2014 à Johannesburg, avec pour principaux objectifs : partager l’art par amour et par passion, encadrer, soutenir et promouvoir l’art et les artistes contemporains d’Afrique australe, participer l’inclusion de l’art contemporain du sud du continent africain dans la globalité artistique contemporaine.
** Association Française de Soutien de l’Art Contemporain du Sud de l’Afrique

 

L’objet imprimé est au coeur de l’oeuvre de Blexbolex. A partir d’encres, de papiers et de différentes techniques d’impression, il crée des images à la fois saisissantes et empreintes d’une douce nostalgie. Le graphisme, minimaliste, se caractérise par l’abandon de la ligne claire au profit d’un subtil chromatisme ; son dessin est modelé par la couleur, en « une sorte de sculpture en 2D ».
Puisant ses sujets dans la vie quotidienne, s’inspirant de la démarche des artistes des années 20 et 30, son esthétique peut évoquer les affichistes russes, les Arts déco ou encore les albums du Père Castor.
Blexbolex a reçu en 2009 le Prix du plus beau livre du monde, à la foire du livre de Leipzig pour son Imagier des gens (Albin Michel Jeunesse), et en 2017 le Prix Pépite d’Or du Salon du livre jeunesse de Montreuil pour Nos vacances (Albin Michel Jeunesse).
L’exposition présentée à l’Espace culturel François Mitterrand, à Périgueux, rassemble diverses réalisations et travaux préparatoires, croquis, carnets, tirages intermédiaires et notes de travail, donnant à voir les processus de fabrication.