La culture arménienne, invitée de Paratge 2018

Aram Kerovpyan est musicien, joueur de Kanoun. Docteur en théorie modale du chant  liturgique, ses activités sont surtout axées sur la pratique et l'enseignement du chant liturgique traditionnel arménien. Spécialisé en musique modale, son intérêt se porte sur les chants populaires des Arméniens et les chants des achoughs qui ont chanté en arménien. C'est à ce titre qu'il est invité dans le cadre de Paratge à partager une conférence sur les correspondances entre troubadours occitans et achougs arméniens.

Agence culturelle départementale : Lors d’une conférence prochaine, vous allez parler de la tradition des achougs. A l’instar des troubadours d’Occitanie, les achougs sont des musiciens et poètes arméniens itinérants dont l’origine est ancienne et dont le répertoire était semble-t-il essentiellement destiné aux cours princières.
Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces musiciens ? Quels sont les points de convergences entre les deux traditions musicales ?

Aram Kerovpyan : Les achough arméniens ont quelquefois été des musiciens de cour. La plupart d’entre eux ont été des musiciens-poètes populaires, souvent itinérants. La convergence entre les deux traditions provient simplement de la nature de leur art : exprimer d'une belle manière des sentiments partagés par tous, comme l'amour, rappeler les valeurs morales de leur époque, relater des événements historiques pour en tirer des leçons…

Agence culturelle départementale : Nous avons invité dans le cadre de Paratge, le trio Dan Gharibian dont les influences musicales sont diverses. Quels sont les courants qui ont traversé l’histoire de la musique arménienne, et comment peut-on caractériser la musique contemporaine arménienne ?

Aram Kerovpyan : En raison du génocide que les Arméniens ont subi et la perte de leur pays ancestral, la musique des Arméniens n'a pas pu suivre au 20e siècle son cours «normal». L'orientalisme, très influent chez les Arméniens, a vite remplacé le vide qui avait été créé. La diversité des styles a fortement diminué, toujours au détriment des styles traditionnels. De même, le concept de «musique nationale», né de l'orientalisme ne cesse de créer des entraves. Heureusement, il y a et il y aura toujours des musiciens qui aiment la création sans entrave et pour cette raison, tout reste possible et difficile à la fois.  Le trio Dan Gharibian que j'aime beaucoup ne prétend pas faire de la «musique arménienne» ; il fait tout simplement une belle musique qui vient du cœur.

Agence culturelle départementale : Par le biais de concerts, de recherches universitaires, d’actions de transmission, vous cherchez à maintenir vivante une tradition ancienne, celle de la musique liturgique arménienne et aussi les chants des achough. Qu’est-ce qui vous a poussé vers cette voie, et à quoi répond cette nécessité de sauvegarder un patrimoine immatériel ?

Aram Kerovpyan
:
C'est un chemin qui s'est précisé au fil du temps grâce à la complicité professionnelle que j'ai avec mon épouse. Sur ce trajet, les souvenirs de mon enfance ont pu devenir la quintessence de mes différentes activités musicales et musicologiques. Entre-temps, on se rend compte que le
bienfait de tout cela peut sûrement se propager sur des groupes humains, voire des sociétés entières. Du coup, on prend conscience du terme "patrimoine". Ce qui m'importe en revanche, c'est de garder le bienfait de la musique et de la recherche au premier plan; la sauvegarde du patrimoine en est la conséquence. Je ne vais jamais dans le sens inverse.

 

 

Voir toute la programmation de Paratge 2018 sur www.paratge.org

SARLAT

Mercredi 25 avril - 20h - Le Colombier (salle Joséphine Baker)
Troubadours / Achougs : musiciens-poètes itinérants

A l’instar des troubadours du Moyen-Age qui diffusaient de cour en cour, la poésie savante en Occitanie, les ashougs sont des musiciens, chanteurs et poètes arméniens qui ont parcouru la Transcaucasie diffusant leur répertoire de chansons poétiques.
Aram Kerovpyan ( Musicien et musicologue spécialiste des achougs), Maurice Moncozet (musicien spécialiste des troubadours),  Jean-François Gareyte (médiateur à l’Agence culturelle) établiront des parallèles entre ces musiciens poètes d’origines différentes porteurs d’une même vocation.
Entrée libre. La conférence sera suivie d'un moment convivial.
Renseignements : 05 53 05 40 00 (Agence culturelle)

Vendredi 27 avril - 21h - Centre culturel

18h30 : vernissage de l'exposition 'l'Inachevé' de Julien Lombardi
Buffet Mezzé'oc
21h : Dan Gharibian Trio
Ex-guitariste de Bratsch, Dan Gharibian est l’une des figures emblématiques de la musique arménienne et tzigane.  Avec  sa voix charismatique et bourlingueuse des musiques de l’exil, il relit son répertoire de prédilection composé de ballades tsiganes et de chansons d’Erevan, de Thessalonique ou de Constantinople avec le guitariste Benoit Convert et l’accordéoniste Antoine Girard, membres des Doigts de l’Homme.
Tarif : 15 €
Renseignements : 05 53 31 09 49 (Centre culturel de Sarlat)

Exposition "L'Inachevé" de Julien Lombardi

Du 2 mai au 1er juin. Centre culturel.

Ethnologue de formation, Julien Lombardi a choisi de se consacrer à la photographie à la fin de ses études et ses travaux sont le reflet d’expérimentations sociales et artistiques à la croisée de ces deux disciplines. La série « L’Inachevé » a été réalisée en Arménie pays dans lequel le photographe trouve ses origines. Accompagné de son appareil photo, Julien Lombardi est parti pendant plusieurs mois à la rencontre de ce pays au lourd passé, à la fois familial et historique, et y retourne régulièrement pour poursuivre son projet « inachevé ».
Ce travail a été nourri de témoignages et de rencontres avec des personnes rencontrées lors de ce voyage – ouvriers, historiens, artistes, scientifiques – chacun apportant sur le pays et son avenir un point de vue singulier. La photographie de Julien Lombardi se retrouve ainsi dans le juste équilibre entre le regard extérieur et fasciné de l’artiste et celui de l’habitant qui observe au quotidien l’évolution lente de son pays.
Entrée libre du mardi au vendredi, de 10h à 12h 30 et de 14h à 17h30
Visite pour les groupes sur réservation : 05 53 31 09 49

Partenaires : Commune et Centre culturel de Sarlat, Communauté de communes Sarlat - Périgord Noir et Amicale des arméniens du Périgord