Thomas Bonvalet alias L'Ocelle Mare
Thomas Bonvalet est un musicien autodidacte multi-instrumentiste. Bassiste puis guitariste au sein du groupe Cheval de frise (1998-2004), il se détourne peu à peu de ce dernier instrument en intégrant la podorythmie, diverses percussions et éléments mécaniques, instruments à vent, objets détournés ainsi qu’un dispositif d’amplification. Ce sont les nécessités de son projet solo ‘L’ocelle mare‘, initié en 2005, qui guident l’élaboration de cet instrumentarium composite, rustique et paradoxalement sophistiqué : piano, banjo basse six cordes, métronome mécanique, diapasons, claves, frappements de pieds et de mains, mini-amplificateurs, amplificateurs, subwoofer, micros, petite table de mixage, cloches, fragments d’orgue à bouche, concertina, componiums, « stringin it », audio ducker, peau de tambour, moteurs à ressorts… Incontestablement, Thomas Bonvalet dit l’Ocelle Mare est peut-être l’un des derniers artistes à produire aujourd’hui une musique authentiquement neuve et « inouïe »,
toute dévolue à l’incessante polyphonie du monde physique, du monde mental, du monde nerveux. Ses disques ne ressemblent à RIEN de connu et ses concerts, d’une intensité bouleversante, sont capables de changer votre vision de la musique à tout jamais, on n’exagère pas.

Eric Chenaux
Véritable troubadour post moderne, Eric Chenaux a déjà publié sur le label Constellation depuis 2006 cinq albums solos dans lesquels l’agilité de son jeu de guitare s’allie à la pureté presque lyrique de son chant. Remarqué à ses débuts pour sa réécriture ingénieuse du folk traditionnel, ses chansons ont évolué au fil des années en une forme de ballade originale dont les improvisations à la guitare électrique et classique font toute la singularité. Il développe au cours de multiples expérimentations un arsenal de techniques sonores sur des enceintes miniatures, et des micros contacts. Il concocte de façon artisanale diverses manières innovantes de transmettre le signal sonore, dont un système de balancement d’enceintes. Les compositions en solo d’Eric Chenaux, pour lesquelles il est certainement le plus connu, portent également la marque de ces différentes expériences et expérimentations. Il est par ailleurs régulièrement compositeur et interprète pour des musiques de films et de danse contemporaine.


Plus d'information sur l'exposition HEY! L'outsider pop français

Vincent Olinet
Diplômé de l’ENSBA de Lyon en 2005, Vincent Olinet crée des sculptures et installations monumentales, des photographies et sérigraphies. Ses bateaux-maquettes, ses meubles-monuments, ses gâteaux d’anniversaires géants réalisés en série ou encore ses « vanités » revisitées, l’artiste les fabrique de ses propres mains, utilisant les outils et matériaux des artisans et copiant leurs gestes. De l’usage de la tronçonneuse à l’ornement de pierres semi-précieuses, il crée à la manière du maquettiste, du pâtissier ou du marbrier et depuis peu du couturier, tout en évitant volontiers leurs contraintes techniques et esthétiques. Fasciné par les arts baroque, classique et de la renaissance qu’il s’approprie, il « réinvente le monde » ou repense la nature morte comme la « vision onirique d’un paysage qui n’existe pas ». De manière récurrente, il se plaît à créer du merveilleux à partir d’éléments factices, prétextes à faux-semblant et illusion. Des oeuvres telles qu’Après moi le déluge, Il était deux fois, Je ne peux pas faire de miracles… font appel à l’imaginaire et plongent le spectateur dans le début d’une histoire, l’invitant à en choisir la chute. Son inspiration éclectique se nourrit de l’imagerie de l’anniversaire, de la vie de château, de l’histoire de l’art, du passage du temps et de la désillusion d’une existence éphémère, qu’il réinterprète avec humour et poésie mélancolique. Vincent Olinet est représenté par La galerie Laurent Godin. Il expose en France comme à l’étranger et a remporté plusieurs prix dont le Prix Montblanc à Lyon en 2013.

« Les titres des oeuvres arrivent souvent quand j’écris sur mes travaux en devenir ou dois faire un bref compte-rendu. Des phrases, des jeux de mots, une alchimie du langage se fait et j’invente un titre. Parfois j’entends un commentaire sur mon propre travail que je réutilise. J’ai aussi des titres en attente d’oeuvre…Pour l’oeuvre : Pas encore mon histoire exposée pendant la FIAC à Paris, dans le jardin des Tuileries, j’aime beaucoup le double sens du mot encore en français, qui joue à la fois du renouveau et de la continuité, tout en étant autobiographique. C’est une histoire d’histoire et c’est aussi la mienne ».
Vincent Olinet

Laurent Millet, photographe et plasticien, lauréat du Prix Nadar [2014] et du Prix Niepce [2015] récompensant l’ensemble de son oeuvre, s’intéresse au statut de l’image. Adoptant des médiums aussi variés que la vidéo, la chambre photographique, le dessin, la construction ou l’installation, il questionne la fabrication de l’image,sa matérialité, son impuissance à restituer l’objet figuré et son rapport au réel.
En 2004, Laurent Millet était invité par la mairie d’Excideuil, les riverains de la Loue et l’association Excit’oeil à imaginer une oeuvre d’art pour le Moulin de la Baysse, bâtiment du XIXème siècle devenu lieu de rassemblement pour les associations locales.
En acceptant une nouvelle invitation, l'artiste revient au moulin avec deux créations vidéo qui offrent un contrepoint au mouvement des images généré par sa machine optique.

Les Tempestaires est une oeuvre vidéo « très liée à la fabrication des images et à l’imaginaire convoqué par la camera obscura », dont elle est d’ailleurs contemporaine [2004]. Dans une sorte de rythme bourdonnant, les plans qui se succèdent montrent des animaux et des hommes, observés dans leur rapport à leur milieu, et des paysages où les éléments naturels mêmes – eau, vent, brouillard, végétation, obscurité… – sont partie prenante de l’intensité dramatique qui semble s’y jouer.

Ô gué ma mie Ô gué, peut évoquer une danse macabre, une vanité contemporaine et aquatique. On y suit, dans un cadrage resserré, le squelette d’un oiseau à la dérive, emporté par le courant d’un ruisseau ; « je regardais par terre et je découvre cet oiseau minuscule […], je l’ai filmé et comme toujours, c’est après coups, en regardant cette chose-là, que je découvre qu’elle est totalement à sa place.[…] Cet esprit qui règne dans les eaux, cet esprit qui flotte, c’est Ariel dans la Tempête de Shakespeare ».

Designer diplômés de l’Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg (HEAR), Manon Leblanc et Romain Diroux ont créé Studio Monsieur à Paris en 2012, studio au sein duquel ils travaillent en duo sur des projets de design d’objets, de mobilier, de luminaire ainsi que des scénographies d’expositions ou de concerts, telles que celles de Fauve et Arthur H en 2015.
Soutenus par La Fondation de France, Hermès, Les Ateliers de Paris, le tandem a remporté en 2015 le Grand Prix de la Ville de Paris, dans la catégorie « Designer émergent ». Cette distinction récompense une démarche de création qui puise largement dans des savoir-faire traditionnels, s’inspire des particularités de patrimoines géographique, historique ou culturel, voire s’enracine dans des pratiques ancestrales. Nés d'expériences novatrices dans ce domaine - auprès d’un bronzier au Burkina Faso, du Maître yuzen Takeshi Nishimura à Kyoto ou encore en renouvelant la pratique des verriers du CIAV (Centre International des Arts Verriers) dans les Vosges avec la création de la traditionnelle boule de Noël en forme de silex, tous leurs objets subliment des matériaux tels que l’aluminium, le bronze, le bois, le verre. « Nous travaillons chaque fois avec la même volonté de raconter ces savoir-faire traditionnels à travers des créations contemporaines ». Cette curiosité face à de nouveaux procédés de fabrication répond précisément à la thématique de la résidence design au Pôle Expérimental Métiers d’Art à Nontron. Les artisans du Nontronnais, dans leurs disciplines diverses, sont traditionnellement sollicités, lors de ces résidences de designers. Les ouvertures sont multiples et les projets souvent féconds.
Originaires respectivement de l’Ariège et des bords de Loire, les jeunes designers reconnaissent l’importance de la nature et de la culture locale dans leur processus créatif. « Pour nous, l’association entre le design et les métiers d’art est porteuse de sens pour raconter un territoire dans sa diversité culturelle et historique mais aussi son patrimoine naturel. » Autre aspect central de leur recherche, concevoir des objets de belle et haute facture, accessibles au plus grand nombre.

Anne De HEY!*, commissaire invitée, a choisi de présenter treize artistes français vivants, sélectionnés au sein de la grande famille artistique outsider pop qu’elle défend :

Jérôme Barbosa / Murielle Belin / Ciou / Alëxone Dizac / Elzo Durt / Easy Sacha / Séverine Gambier / Benoit Huot / mad meg / Mr Djub / Secrètes Savonnettes / Paul Toupet / Amandine Urruty.

Tel un cabinet de curiosité du XXI° siècle célébrant l’imaginaire, l’étrange et le merveilleux, « HEY! L’outsider pop français » met en lumière une scène artistique singulière et bouillonnante, et s’annonce comme l’évènement arts visuels du printemps !

*Anne De HEY! est commissaire d’exposition, éditrice, rédactrice en chef et directrice artistique du projet HEY!, structure pluridisciplinaire
associant revue d’art bilingue, expositions et spectacles. Anne & Julien, qui l’ont fondée en 2010, défendent « un art officiel mais non académique, pas underground ni alternatif mais furieusement contemporain ! », et oeuvrent à la découverte et la promotion des artistes issus des nouveaux arts figuratifs pop contemporains, qu’ils rassemblent sous le terme d’outsider pop.