Parmi trois fonctions : « demeurer », « défendre », « paraître », du château baronnial au Moyen-âge, telles qu’elles sont révélées par de récentes recherches sur les sites castraux et notamment Biron, Enrico Lunghi a été invité à évoquer la notion de « demeurer » à travers les œuvres d’artistes contemporains. 126 œuvres, peintures, sculptures, photographies, vidéos, installations, se situant entre 1963 et 2018, de 68 artistes parmi lesquels Valerio Adami, Fayçal Baghriche, Bertille Bak, Emily Bates, Yves Bélorgey, Sylvie Blocher, David Brognon & Stéphanie Rollin, Larry Clark, Sylvie Fleury, Gilbert & George, Richard Hamilton, Barbara Kruger, Damien Mazières, Juan Muñoz, Jim Shaw, Klaus Staeck, Rosemarie Trockel, Marianne Vitale, Wang Du, articulent le propos d’une exposition qu’il a souhaité focaliser sur l’actualité, montrant comment l’humanité habite le monde aujourd’hui.

La sélection d’œuvres issues du Fonds Régional d’Art Contemporain Nouvelle-Aquitaine MÉCA, du Fonds Régional d’Art Contemporain-Artothèque Nouvelle-Aquitaine Limousin, et du Fonds Régional d’Art Contemporain Poitou-Charentes, et les œuvres de Jimmy Richer, en résidence à l’association Pollen de Monflanquin, invitent à poser un regard sur les images que les artistes nous renvoient de nos sociétés et de nos contemporains. Elle se développera autour de quatre grandes thématiques : « Sociétés globalisées », « Natures habitées », « Figures humaines » et « Portraits ».

PARCOURS
Aurélie et Pascal Baltazar ont commencé à travailler ensemble il y a quelques années dans la région de Lille. Lui, à l’origine, musicien compositeur, elle venant de l'écriture poétique. Ensemble, ils ont choisi de ne pas adjoindre leur art mais de le déplacer pour construire un monde singulier où la lumière voyage avec la matière. Leurs premières oeuvres sont créées dans les théâtres sous forme de spectacles plastiques. Ils créent aujourd’hui essentiellement des installations qui leur permettent d’explorer davantage la subtilité de leur matériau dans un mode de présentation plus ouvert, plus immersif.

ECRITURE DE VAPEUR ET DE COULEUR
Tableaux de peinture de lumières évolutives, cadres qui diffusent des cascades de brume, chaudron de lumières qui s'intensifient ou se résorbent, eau qui s’élève en masse vaporeuse, bruisse ou goutte, les installations des Baltazars nous plongent dans un monde méditatif, lent, dont les rythmes agissent sur nos propres respirations, avec ses silences et ses noirs subits. "Nous aimons à dire que nous sculptons l'obscurité et le silence. " Des pièces aux évolutions imperceptibles qui dénotent un sens prononcé de la dramaturgie.
Derrière ces expériences sensorielles se cachent des dispositifs ingénieux et parfois très complexes - Nebula par exemple a requis une équipe d'informaticiens, d'électroniciens, de constructeurs issus du théâtre, d'artisans en tous genres. Mais cette technique sophistiquée s'efface au profit de la seule exigence artistique qui anime les deux artistes : plonger le spectateur dans un état de disponibilité totale qui lui permette de libérer son imaginaire et de s'abandonner à ses sensations.

Lire l'interview des artistes

En 2018, le programme départemental « l’Art est Ouvert » sera largement ouvert à la richesse et la diversité des formes de la création contemporaine. De lieu en lieu, le public pourra ainsi découvrir des créations métiers d’art autour de la notion de légèreté à Nontron, une collection d’art contemporain d’Afrique australe à Périgueux, ou encore les réalisations de jeunes artistes européens investissant des boutiques désaffectées et l’espace public de Bergerac.

Franck Leviski s’invite au jardin d’hélys
15.09.18 > 27.10.18
St Médard d’Excideuil | Jardin d’hélys-oeuvre

Exposition Légèreté
22.09.18 > 05.01.19
Nontron | Pôle Expérimental Métiers d’Art

Jean-Marie Blanchet
07.10.18 > 30.11.18
Carsac-Aillac| La Ligne Bleue

Exposition Clair-Obscur
07.11.18 > 28.12.18
Périgueux | Espace culturel F. Mitterrand

Passage #2
17-nov > 15-déc 2018
Bergerac | Centre ville

La première, Mathilde Caylou, plasticienne, invitée des « Résidences de l’Art en Dordogne » au Centre Hospitalier Vauclaire à Montpon-Ménestérol crée ses sculptures de verre poétiques en lien avec le paysage et l’environnement façonné par l’homme.
Le second, Allain Guillot, artisan d’art, meilleur ouvrier de France, réalise des créations contemporaines à partir d’expérimentations sur les verres antiques et médiévaux.  

Lorsque Mathilde Caylou arrive en janvier au Centre hospitalier Vauclaire, l’Isle est en crue. Le jeu de reflets des arbres dans l’eau troublant la perception de l’espace lui évoque d’emblée  la notion de flottement. Une résidence d’artiste n’est-elle pas également un temps de flottement, vécu  hors du quotidien, voire hors du monde ? Cet hors du monde qu’elle perçoit également dans l’hôpital, milieu protégé, unité de vie fermée, même si  Vauclaire - elle s’en rend vite compte - est aussi lieu de passage et d’ouverture sur l’extérieur.
Au cours de ses déambulations, l’artiste découvre son environnement, rencontre les patients, réinterroge la question du réel et de son interprétation, de la norme, de la représentation.
Trois projets se profilent peu à peu.
Le premier intitulé, Perceptions, repose sur une  cette distorsion qui existe entre la réalité et l’interprétation subjective que l’on peut en faire. Cette confrontation prendra la forme esthétique de photos et de dessins gravés sur verre, superposées dans un même cadre, rendant compte d’une même réalité et à l’origine de perceptions vibratoires troublantes.
Un autre axe de sa recherche se porte sur le réseau d’eau du complexe hospitalier.
L’ une des spécificités de Vauclaire réside dans son autonomie concernant la gestion de l’eau, depuis sa captation dans la rivière voisine,  son assainissement jusqu’à sa distribution en circuit fermé.  Le verre et l’eau ayant des similitudes plastiques et physiques, l’artiste entreprend de récréer en verre, à échelle resserrée, ce réseau sous forme de  sculpture transparente, squelette fragile ponctué de billes colorées signalant l’emplacement des châteaux d’eau.  A ce canevas organisé, canalisé, se superpose le tracé de la rivière, organique et irrégulier. Métaphore d’une irrationalité à canaliser ?
Le troisième projet se tourne vers l’intérieur de l’hôpital. A partir de ventouses en verre soufflée, l’artiste imagine une sculpture suspendue, les ventouses adhérant à une nappe en silicone reproduisant le dessin du carrelage de l’hôpital, chacune d’elles contenant un objet miniature en verre représentant la personnalité d’un patient rencontré : lunettes, bague, hélicoptère,… Ces objets fragiles sont protégés et conservés comme autant de « traces de vie », écho à la thématique de la résidence.

Artiste plasticienne autodidacte, Anne Tréal-Bresson vit et travaille en Lot-et-Garonne depuis les années 2000. L’exposition de chefs d’œuvres de la Fondation Maeght intitulée « Les Messagers » organisée en 2016 au château de Biron, fut l’occasion de découvrir un petit échantillon de son œuvre. « En toute intimité », présentée à l’Espace Culturel François Mitterrand, se propose de prolonger cette découverte en retraçant son parcours artistique à travers ses dessins, ses sculptures et ses écrits réalisés entre 1973 et 2016.

En 2018, le programme départemental « l’Art est Ouvert » sera largement ouvert à la richesse et la diversité des formes de la création contemporaine. De lieu en lieu, le public pourra ainsi découvrir des créations métiers d’art autour de la notion de légèreté à Nontron, une collection d’art contemporain d’Afrique australe à Périgueux, ou encore les réalisations de jeunes artistes européens investissant des boutiques désaffectées et l’espace public de Bergerac.

Franck Leviski s’invite au jardin d’hélys
15.09.18 > 27.10.18
St Médard d’Excideuil | Jardin d’hélys-oeuvre

Exposition Légèreté
22.09.18 > 05.01.19
Nontron | Pôle Expérimental Métiers d’Art

Jean-Marie Blanchet
07.10.18 > 30.11.18
Carsac-Aillac| La Ligne Bleue

Exposition Clair-Obscur
07.11.18 > 28.12.18
Périgueux | Espace culturel F. Mitterrand

Passage #2
17-nov > 15-déc 2018
Bergerac | Centre ville


Thomas Bonvalet alias L'Ocelle Mare
Thomas Bonvalet est un musicien autodidacte multi-instrumentiste. Bassiste puis guitariste au sein du groupe Cheval de frise (1998-2004), il se détourne peu à peu de ce dernier instrument en intégrant la podorythmie, diverses percussions et éléments mécaniques, instruments à vent, objets détournés ainsi qu’un dispositif d’amplification. Ce sont les nécessités de son projet solo ‘L’ocelle mare‘, initié en 2005, qui guident l’élaboration de cet instrumentarium composite, rustique et paradoxalement sophistiqué : piano, banjo basse six cordes, métronome mécanique, diapasons, claves, frappements de pieds et de mains, mini-amplificateurs, amplificateurs, subwoofer, micros, petite table de mixage, cloches, fragments d’orgue à bouche, concertina, componiums, « stringin it », audio ducker, peau de tambour, moteurs à ressorts… Incontestablement, Thomas Bonvalet dit l’Ocelle Mare est peut-être l’un des derniers artistes à produire aujourd’hui une musique authentiquement neuve et « inouïe »,
toute dévolue à l’incessante polyphonie du monde physique, du monde mental, du monde nerveux. Ses disques ne ressemblent à RIEN de connu et ses concerts, d’une intensité bouleversante, sont capables de changer votre vision de la musique à tout jamais, on n’exagère pas.

Eric Chenaux
Véritable troubadour post moderne, Eric Chenaux a déjà publié sur le label Constellation depuis 2006 cinq albums solos dans lesquels l’agilité de son jeu de guitare s’allie à la pureté presque lyrique de son chant. Remarqué à ses débuts pour sa réécriture ingénieuse du folk traditionnel, ses chansons ont évolué au fil des années en une forme de ballade originale dont les improvisations à la guitare électrique et classique font toute la singularité. Il développe au cours de multiples expérimentations un arsenal de techniques sonores sur des enceintes miniatures, et des micros contacts. Il concocte de façon artisanale diverses manières innovantes de transmettre le signal sonore, dont un système de balancement d’enceintes. Les compositions en solo d’Eric Chenaux, pour lesquelles il est certainement le plus connu, portent également la marque de ces différentes expériences et expérimentations. Il est par ailleurs régulièrement compositeur et interprète pour des musiques de films et de danse contemporaine.


Plus d'information sur l'exposition HEY! L'outsider pop français

Les œuvres de Vincent Olinet suscitent l’imaginaire, font écho à la vie de château, prennent leur source dans les arts des siècles passés, l’artisanat, convoquent le faux-semblant, l’illusion et invitent le spectateur à remonter le temps, à se raconter une histoire. Fasciné par les arts baroque et classique qu’il s’approprie, l’artiste trouve sur le site du Château de Monbazillac une source d’inspiration à sa mesure. Propriété de la cave de Monbazillac, monument historique classé du XVIème siècle, ce château est un mélange d’architectures médiévale et Renaissance. Vincent Olinet dispose ainsi sur place de l’écrin adéquat pour y créer et exposer ses nouvelles fantaisies.

Librement, il réinterprète les codes visuels, picturaux et architecturaux de la renaissance en empruntant, comme il le fait habituellement, les gestes des artisans d’art et décorateurs d’intérieur tout en évitant leurs contraintes techniques et esthétiques. Il choisit d’investir la salle d’exposition du château et de la garnir d’éléments de décoration romantique qui évoquent un salon raffiné, avec quelques clins d’œil dont il est coutumier. Il la tapisse de papiers peints revisitant les motifs floraux d’époque, y suspend un imposant lustre de bougies électriques réalisé avec des élèves du lycée des métiers Sud-Périgord Hélène Duc de Bergerac – section MELEC* – l’orne d’un ensemble de coussins et guirlandes de feuilles cousus par des membres de l’association Les Rives de l’Art qui ont avec enthousiasme accepté le défi.
Chacune de ces pièces se répond dans un esprit à la fois insolite, poétique et décalé, à l’image du travail de l’artiste.

*section Métiers de l’ELectricité et de ses Environnements Connectés



Laurent Millet, photographe et plasticien, lauréat du Prix Nadar [2014] et du Prix Niepce [2015] récompensant l’ensemble de son oeuvre, s’intéresse au statut de l’image. Adoptant des médiums aussi variés que la vidéo, la chambre photographique, le dessin, la construction ou l’installation, il questionne la fabrication de l’image,sa matérialité, son impuissance à restituer l’objet figuré et son rapport au réel.
En 2004, Laurent Millet était invité par la mairie d’Excideuil, les riverains de la Loue et l’association Excit’oeil à imaginer une oeuvre d’art pour le Moulin de la Baysse, bâtiment du XIXème siècle devenu lieu de rassemblement pour les associations locales.
En acceptant une nouvelle invitation, l'artiste revient au moulin avec deux créations vidéo qui offrent un contrepoint au mouvement des images généré par sa machine optique.

Les Tempestaires est une oeuvre vidéo « très liée à la fabrication des images et à l’imaginaire convoqué par la camera obscura », dont elle est d’ailleurs contemporaine [2004]. Dans une sorte de rythme bourdonnant, les plans qui se succèdent montrent des animaux et des hommes, observés dans leur rapport à leur milieu, et des paysages où les éléments naturels mêmes – eau, vent, brouillard, végétation, obscurité… – sont partie prenante de l’intensité dramatique qui semble s’y jouer.

Ô gué ma mie Ô gué, peut évoquer une danse macabre, une vanité contemporaine et aquatique. On y suit, dans un cadrage resserré, le squelette d’un oiseau à la dérive, emporté par le courant d’un ruisseau ; « je regardais par terre et je découvre cet oiseau minuscule […], je l’ai filmé et comme toujours, c’est après coups, en regardant cette chose-là, que je découvre qu’elle est totalement à sa place.[…] Cet esprit qui règne dans les eaux, cet esprit qui flotte, c’est Ariel dans la Tempête de Shakespeare ».