En 2019, le programme des "Résidences de l’Art en Dordogne" inaugure un nouveau partenariat avec l’Ecole Supérieure des Beaux-arts de Bordeaux (EBABX) qui abrite, depuis 2017, le Pavillon.
Laboratoire dédié à la création internationale, créé et dirigé par Ange Leccia, le Pavillon accueille tous les ans, pendant 9 mois, en séjours de résidence en France et à l'étranger, de jeunes artistes émergents et les accompagne dans la structuration de leur projet professionnel.
Cette année, dans la perspective d’un croisement Art et Sciences, les trois artistes retenus en 2019 ont séjourné quelques semaines au Pôle d'interprétation de la Préhistoire.
Accueillis en deux temps aux Eyzies-de-Tayac, en avril et en juin, les artistes Xavier Michel, John Mirabel et Ji-Min Park ont porté leur regard singulier sur le territoire de la Vallée Vézère, son histoire, son paysage...Une étudiante de l'EBABX, Fang Dong les a rejoints dans le cadre de son travail de fin d'études.

Les créations nées en Dordogne seront présentés aux Eyzies, à Bordeaux, à la Galerie des Tables, au sein de la MECA et dans le cadre de FACTS (Festival Arts Créativité Technologies Sciences).

Cette collaboration s’inscrit dans le contexte de la signature du Contrat de filière arts plastiques et visuels en Nouvelle-Aquitaine 2018-2020, qui vise à créer une véritable dynamique de filière, à stimuler et favoriser les relations et coopérations des acteurs des arts visuels de la région Nouvelle-Aquitaine.


VAHI AHOAHO "L'endroit où rien n'est à portée"

Depuis 2011, Aurélien Mauplot développe un travail autour d’un cycle d’explorations du monde à distance basé sur des recherches plastiques et philosophiques.
Sous la forme d’une quête imaginaire, l’artiste devient le conteur d’un récit de voyage placé au centre des performances et des installations qu’il réalise. Quatre chapitres composent ce projet singulier et au long cours, construit à partir de données géographiques, scientifiques et littéraires. Entre une réappropriation du territoire terrestre et la déconstruction du planisphère (Géographies instables), l’usage d’une autre solution de calcul altimétrique et l’inversion des points de vue cardinaux (Le renversement du monde), et une immersion exploratoire
des abysses (Subisland), ce cycle repose sur des récits d’histoires et d’aventures.
Le quatrième chapitre (Moana Fa’a’aro) est consacré à l’exploration d’un monde passé et actuel, fantasmé et concret en déplacement constant à travers l’histoireet la géographie.
L’artiste s’appuie sur différents médiums – peinture, sculpture, photographie, vidéo, cartographie, performance - pour faire vivre cette histoire et porter le public à la confusion, oscillant entre une réalité extraordinaire, voire magique, et un récit fondé sur des propositions à la fois géologiques et anthropologiques.
L’histoire de notre monde se mêle à la fiction pour ouvrir sur des possibilités infinies.

Aurélien Mauplot est l’un des artistes qui fait l’objet d’un soutien du fonds documentaire de la Région Nouvelle-Aquitaine, Documents d’Artistes.
L'artiste est à l'honneur en page de couverture et un tiré à part est offert dans le magazine Culture(s) N°11 (sept 2019 à janv 2020).

Cette résidence en trois temps a permis à l’artiste Olivier Marty de mettre en jeu sa pratique de peintre et dessinateur, en grande partie motivée par les questions de paysage, dans un territoire périgourdin qu’il ne connait que par fragments très imprécis. Afin de faire rebond à d’autres projets artistiques, il organise ses parcours selon un fil conducteur simple : suivre, de près ou de loin, les rivières Dordogne et Vézère.
Les productions se répartissent en plusieurs familles : des notes graphiques instantanées, des dessins patients et détaillés, des toiles juste ébauchées (pour amorcer les grands formats qui viendront ensuite à l’atelier), des captations vidéo, des photographies. Parcelles agricoles, reliques industrielles, hameaux anciens et lotissements récents, inflexions du relief, lisières, ombres, falaises, labours... ces observations très concrètes, et prises dans l’énergie des parcours, sont traduites dans des domaines expressifs qui jouent consciemment avec les frontières de l’abstraction.

QUELQUES REPÈRES
Peintre et vidéaste, né en 1961 à Paris. Il est représenté par les galeries Jacques Lévy (Paris) et Le Domaine Perdu (Meyrals / 24). Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles, il y est responsable des Enseignements artistiques.

Actuellement, les projets de Simon Nicaise se dessinent au gré d’une itinérance désirée, épousant la tradition du compagnonnage dans ce qu’elle suppose de mobilité, de transmission de savoir-faire, une tradition marquée par ses rituels et ses devoirs, son exigence, sa dimension initiatique. La résidence à Sarlat s'inscrit dans ce parcours comme une étape du Tour de France que l'artiste a entrepris en 2018. « Le voyage constitue, au-delà de la rencontre des techniques et des expériences, ce parcours de la vie au cours duquel l’homme se construit grâce aux épreuves à surmonter et aux étapes à franchir »*.
Simon Nicaise y recherche l’opportunité de se déplacer et de se confronter à de nouvelles techniques, mais aussi de mettre à l’épreuve la faisabilité des projets restés à l’état de concepts.
Les créations qu’il présente en fin de résidence, mêlent des symboles du compagnonnage et des objets quotidiens qu’il transfigure habituellement dans son travail comme la fleur, le cierge, le noeud. L’"artiste compagnon" dévoile ainsi au visiteur ses oeuvres-emblèmes : une canne composée d’assemblages de mains et de pieds miniatures en plâtre, des boutons de vêtements en forme de coeur, coquillage, marteau, et autres objets fétiches.,
une série de pieds-de-biche en bronze, ornés d'une tête de serpent à leur extrémité, référence à la pratique disparue de chasseur de vipères. Puis, en guise de chef-d’oeuvre, tel le compagnon qui vise le titre de meilleur ouvrier de France, il propose un ensemble de bouteilles aux multiples formats et couleurs flanquées d'un escalier tournant (rappelant qu'il fut apprenti menuisier) comme pour concilier savoir-faire et convivialité.
L’ensemble de ces pièces est présenté sur un « autel », imaginé par l’artiste et réalisé par l’équipe technique de la Ville, délibérément placé dans le choeur de la Chapelle des pénitents blancs qui vient d’être récemment restaurée et ouverte au public.

*Source : site des Compagnons du Tour de France - Grenoble

Depuis plus de dix ans, Manon Leblanc et Romain Diroux - Lauréats Grand Prix de la ville de Paris, catégorie Jeune designer en 2015 – s’intéressent à la conception d’objets en lien avec les savoir-faire artisanaux et industriels. La résidence au Pôle Expérimental Métiers d’art autour du croisement métiers d’art et design ne pouvait que les séduire. Cette résidence se déroule en plusieurs séjours étalés sur deux ans, offrant ainsi les conditions d’une approche préalable des professionnels et le temps nécessaire à une recherche approfondie. Accueillis au PEMA depuis 2018, Studio Monsieur a centré ses recherches sur le couteau de poche, une spécificité de Nontron devenue cité coutelière célèbre avec ses couteaux à manches pyrogravés. Favorisée par les ressources environnementales, la coutellerie nontronnaise s’est développée réellement à partir du 17e siècle, avec l’installation à Nontron du 1er maître coutelier Guillaume Legrand.

La collaboration entre les deux designers et quatre artisans d’art prêts à l’aventure a fait naître des projets conçus au fil d’échanges d’idées et de pratiques. Des modèles de couteaux de poche ont ainsi été imaginés à partir de différents matériaux et techniques, au regard des usages de chacun. Apportant son concours technique, la coutellerie Nontronnaise a eu recours au procédé traditionnel de la virole tournante et à la pratique de la pyrogravure pour la réalisation de couteaux pour enfants. Auprès de Pierre Carcauzon, sculpteur sur pierre, des galets ramassés dans la rivière proche se sont transformés en manches originaux. Avec Caroline Samuel, maroquinière habituée au façonnage du cuir à la main, s’est concrétisé le concept d’un étui en cuir qui, une fois retroussé, renforce la prise en main du couteau. Enfin les créations de Natacha Baluteau, en émaux, sont appliquées sur des modèles de couteaux de poche inspirés des Higonokami japonais, un lointain souvenir des samouraïs...

La présentation de ces prototypes sera complétée des recherches témoignant du processus créatif et du développement de chaque projet : dessins, modélisations 3D, maquettes, photographies, etc.

 

 

Parmi trois fonctions : « demeurer », « défendre », « paraître », du château baronnial au Moyen-âge, telles qu’elles sont révélées par de récentes recherches sur les sites castraux et notamment Biron, Enrico Lunghi a été invité à évoquer la notion de « demeurer » à travers les œuvres d’artistes contemporains. 126 œuvres, peintures, sculptures, photographies, vidéos, installations, se situant entre 1963 et 2018, de 68 artistes parmi lesquels Valerio Adami, Fayçal Baghriche, Bertille Bak, Emily Bates, Yves Bélorgey, Sylvie Blocher, David Brognon & Stéphanie Rollin, Larry Clark, Sylvie Fleury, Gilbert & George, Richard Hamilton, Barbara Kruger, Damien Mazières, Juan Muñoz, Jim Shaw, Klaus Staeck, Rosemarie Trockel, Marianne Vitale, Wang Du, articulent le propos d’une exposition qu’il a souhaité focaliser sur l’actualité, montrant comment l’humanité habite le monde aujourd’hui.

La sélection d’œuvres issues du Fonds Régional d’Art Contemporain Nouvelle-Aquitaine MÉCA, du Fonds Régional d’Art Contemporain-Artothèque Nouvelle-Aquitaine Limousin, et du Fonds Régional d’Art Contemporain Poitou-Charentes, et les œuvres de Jimmy Richer, en résidence à l’association Pollen de Monflanquin, invitent à poser un regard sur les images que les artistes nous renvoient de nos sociétés et de nos contemporains. Elle se développera autour de quatre grandes thématiques : « Sociétés globalisées », « Natures habitées », « Figures humaines » et « Portraits ».

PARCOURS
Aurélie et Pascal Baltazar ont commencé à travailler ensemble il y a quelques années dans la région de Lille. Lui, à l’origine, musicien compositeur, elle venant de l'écriture poétique. Ensemble, ils ont choisi de ne pas adjoindre leur art mais de le déplacer pour construire un monde singulier où la lumière voyage avec la matière. Leurs premières oeuvres sont créées dans les théâtres sous forme de spectacles plastiques. Ils créent aujourd’hui essentiellement des installations qui leur permettent d’explorer davantage la subtilité de leur matériau dans un mode de présentation plus ouvert, plus immersif.

ECRITURE DE VAPEUR ET DE COULEUR
Tableaux de peinture de lumières évolutives, cadres qui diffusent des cascades de brume, chaudron de lumières qui s'intensifient ou se résorbent, eau qui s’élève en masse vaporeuse, bruisse ou goutte, les installations des Baltazars nous plongent dans un monde méditatif, lent, dont les rythmes agissent sur nos propres respirations, avec ses silences et ses noirs subits. "Nous aimons à dire que nous sculptons l'obscurité et le silence. " Des pièces aux évolutions imperceptibles qui dénotent un sens prononcé de la dramaturgie.
Derrière ces expériences sensorielles se cachent des dispositifs ingénieux et parfois très complexes - Nebula par exemple a requis une équipe d'informaticiens, d'électroniciens, de constructeurs issus du théâtre, d'artisans en tous genres. Mais cette technique sophistiquée s'efface au profit de la seule exigence artistique qui anime les deux artistes : plonger le spectateur dans un état de disponibilité totale qui lui permette de libérer son imaginaire et de s'abandonner à ses sensations.

Lire l'interview des artistes

En 2018, le programme départemental « l’Art est Ouvert » sera largement ouvert à la richesse et la diversité des formes de la création contemporaine. De lieu en lieu, le public pourra ainsi découvrir des créations métiers d’art autour de la notion de légèreté à Nontron, une collection d’art contemporain d’Afrique australe à Périgueux, ou encore les réalisations de jeunes artistes européens investissant des boutiques désaffectées et l’espace public de Bergerac.

Franck Leviski s’invite au jardin d’hélys
15.09.18 > 27.10.18
St Médard d’Excideuil | Jardin d’hélys-oeuvre

Exposition Légèreté
22.09.18 > 05.01.19
Nontron | Pôle Expérimental Métiers d’Art

Jean-Marie Blanchet
07.10.18 > 30.11.18
Carsac-Aillac| La Ligne Bleue

Exposition Clair-Obscur
07.11.18 > 28.12.18
Périgueux | Espace culturel F. Mitterrand

Passage #2
17-nov > 15-déc 2018
Bergerac | Centre ville

La première, Mathilde Caylou, plasticienne, invitée des « Résidences de l’Art en Dordogne » au Centre Hospitalier Vauclaire à Montpon-Ménestérol crée ses sculptures de verre poétiques en lien avec le paysage et l’environnement façonné par l’homme.
Le second, Allain Guillot, artisan d’art, meilleur ouvrier de France, réalise des créations contemporaines à partir d’expérimentations sur les verres antiques et médiévaux.  

Lorsque Mathilde Caylou arrive en janvier au Centre hospitalier Vauclaire, l’Isle est en crue. Le jeu de reflets des arbres dans l’eau troublant la perception de l’espace lui évoque d’emblée  la notion de flottement. Une résidence d’artiste n’est-elle pas également un temps de flottement, vécu  hors du quotidien, voire hors du monde ? Cet hors du monde qu’elle perçoit également dans l’hôpital, milieu protégé, unité de vie fermée, même si  Vauclaire - elle s’en rend vite compte - est aussi lieu de passage et d’ouverture sur l’extérieur.
Au cours de ses déambulations, l’artiste découvre son environnement, rencontre les patients, réinterroge la question du réel et de son interprétation, de la norme, de la représentation.
Trois projets se profilent peu à peu.
Le premier intitulé, Perceptions, repose sur une  cette distorsion qui existe entre la réalité et l’interprétation subjective que l’on peut en faire. Cette confrontation prendra la forme esthétique de photos et de dessins gravés sur verre, superposées dans un même cadre, rendant compte d’une même réalité et à l’origine de perceptions vibratoires troublantes.
Un autre axe de sa recherche se porte sur le réseau d’eau du complexe hospitalier.
L’ une des spécificités de Vauclaire réside dans son autonomie concernant la gestion de l’eau, depuis sa captation dans la rivière voisine,  son assainissement jusqu’à sa distribution en circuit fermé.  Le verre et l’eau ayant des similitudes plastiques et physiques, l’artiste entreprend de récréer en verre, à échelle resserrée, ce réseau sous forme de  sculpture transparente, squelette fragile ponctué de billes colorées signalant l’emplacement des châteaux d’eau.  A ce canevas organisé, canalisé, se superpose le tracé de la rivière, organique et irrégulier. Métaphore d’une irrationalité à canaliser ?
Le troisième projet se tourne vers l’intérieur de l’hôpital. A partir de ventouses en verre soufflée, l’artiste imagine une sculpture suspendue, les ventouses adhérant à une nappe en silicone reproduisant le dessin du carrelage de l’hôpital, chacune d’elles contenant un objet miniature en verre représentant la personnalité d’un patient rencontré : lunettes, bague, hélicoptère,… Ces objets fragiles sont protégés et conservés comme autant de « traces de vie », écho à la thématique de la résidence.

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FLASH INFO

Au temps des hérétiques
Nouvelle conférence proposée par Jean-François Gareyte, médiateur à l'Agence culturelle départementale.

5ème Rencontre interprofessionnelle Culture et Justice
les 21 avril à Mauzac et 6 mai à Monbazillac et Bergerac, 5ème Rencontre entre personnels pénitentiaires et acteurs culturels du département. Date limite d'inscription : le 16 mars 2020.