Dans un aller-retour permanent entre sculpture et performance, les créations de Clédat & Petitpierre prennent des formes singulières. Leurs “sculptures à activer” oscillent ainsi entre deux temporalités : celle “durable” de l’exposition et celle de l’événement performatif.
Conçue sur le mode du défilé de carnaval, La Parade Moderne est une oeuvre sculpturale et déambulatoire, constituée de 10 figures, librement puisées dans les oeuvres peintes de grands artistes de la première moitié du XXe siècle : Magritte, Ernst, De Chirico, Léger, Munch, Arp, Brauner, Malévitch... En y regardant de plus près, on reconnaît le personnage hurlant du célèbre tableau d'Edvard Munch, Le Cri, celui de L'Ellipse de René Magritte ou La Femme au chat de Fernand Léger…
Les deux plasticiens et performeurs s'inspirent également du ballet Parade, imaginé en 1917 par Cocteau, Satie et Picasso et Massine pour les Ballets russes, dont l’esprit nouveau, la dimension fantaisiste et burlesque avaient fait polémique.

PARCOURS
Aurélie et Pascal Baltazar ont commencé à travailler ensemble il y a quelques années dans la région de Lille. Lui, à l’origine, musicien compositeur, elle venant de l'écriture poétique. Ensemble, ils ont choisi de ne pas adjoindre leur art mais de le déplacer pour construire un monde singulier où la lumière voyage avec la matière. Leurs premières oeuvres sont créées dans les théâtres sous forme de spectacles plastiques. Ils créent aujourd’hui essentiellement des installations qui leur permettent d’explorer davantage la subtilité de leur matériau dans un mode de présentation plus ouvert, plus immersif.

ECRITURE DE VAPEUR ET DE COULEUR
Tableaux de peinture de lumières évolutives, cadres qui diffusent des cascades de brume, chaudron de lumières qui s'intensifient ou se résorbent, eau qui s’élève en masse vaporeuse, bruisse ou goutte, les installations des Baltazars nous plongent dans un monde méditatif, lent, dont les rythmes agissent sur nos propres respirations, avec ses silences et ses noirs subits. "Nous aimons à dire que nous sculptons l'obscurité et le silence. " Des pièces aux évolutions imperceptibles qui dénotent un sens prononcé de la dramaturgie.
Derrière ces expériences sensorielles se cachent des dispositifs ingénieux et parfois très complexes - Nebula par exemple a requis une équipe d'informaticiens, d'électroniciens, de constructeurs issus du théâtre, d'artisans en tous genres. Mais cette technique sophistiquée s'efface au profit de la seule exigence artistique qui anime les deux artistes : plonger le spectateur dans un état de disponibilité totale qui lui permette de libérer son imaginaire et de s'abandonner à ses sensations.

Depuis 2002, Le Conseil départemental de la Dordogne constitue un Fonds Départemental d’Art Contemporain (FDAC).
Cette action s’inscrit dans une politique de soutien aux arts plastiques et complète l’ensemble des opérations menées en Dordogne dans ce domaine.
Les nouvelles acquisitions sont d’abord exposées à l’Espace Culturel François Mitterrand à Périgueux. Elles servent ensuite de support à des expositions et actions de sensibilisation à l’art contemporain qui peuvent être gracieusement proposées à des écoles, collèges, établissements d’enseignement spécialisé, EPHAD, hôpitaux, en milieu carcéral, ou à des associations oeuvrant dans le domaine des arts plastiques.
Des médiations artistiques accompagnent la présentation des oeuvres prêtées et permettent d’inscrire l’accueil des oeuvres d’art au sein d’un projet d’établissement ou d’une action pédagogique favorisant une meilleure approche de l’art contemporain..

Artistes de la collection 2018
Cyril Annet / Becheau - Bourgeois / Jacques Bernardeau / Jacques Blan-Pain / Christian Boy / Giovanni Carosi / Fabienne Chaton / Mathieu Dufois / Bernard Dupuy / Simon Gales / Philippe Glemet / Kristof Guez / Agata Kawa / Dominique Lang / Laurent Lolmède / Arno Loth / Nicolas Lux / Inna Maaimura / Guillaume Martial / Farouk Ratib / Pieerre Roughol / Benoit Schmeltz / Anne Treal - Bresson / Jean-Marc Troubet


 

Situé au bord de la Loue, sur la commune d’Excideuil, le Moulin de la Baysse a été, après sa restauration, reconverti en lieu de rencontre avec la création contemporaine. Habité d’une oeuvre permanente commandée au photographe Laurent Millet qui y a installé en 2004 sa Camera Obscura, le Moulin se régénère tous les ans au mois de mai au contact d’un nouvel artiste, invité à faire dialoguer sa créativité avec le bâtiment et son environnement. Sollicité par l’association Excit’oeil, c’est Joël Thépault qui, cette fois, confrontera son art à ce lieu atypique. Collecteur d’objets usagés et délaissés, arpenteur de terres à la recherche de trouvailles que lui offre la nature, Joël Thépault est l’inventeur de sculptures intrigantes qui font souvent cohabiter matériaux naturels – bois, pierre – et objets de récupération. Avec ingéniosité, l’artiste redonne vie à ces rebuts dans des mises en scène qui traduisent son goût pour le grinçant et le décalé. Entre fantaisie et dérision, son univers est un appel au rêve.

Vagabondage 932 est le nom donné au projet contextuel mené par la compagnie Ouïe Dire au sein de la cité Jacqueline Auriol, quartier prioritaire de Coulounieix-Chamiers entre 2016 et 2020. L'appartement 932, situé au cœur de ce quartier, est devenu la base d'un vagabondage artistique auquel se livrent, depuis des mois, les artistes invités   - principalement des dessinateurs - lors de courts séjours durant lesquels, par leurs dessins, ils restituent l'âme du quartier et des habitants qui y vivent. Leur travail est présenté lors des expos-étapes Il était une soif sur les murs du bar PMU du quartier. Lors de cette cinquière édition, on pourra retrouver Laurent Lolmède, Guillaume Guerse, Jean-Michel Bertoyas, Troubs, Jean-Léon Pallandre, Pierre Maurel, Claire Lacabanne et Marc Pichelin, qui partagent cette belle aventure.

Ce projet est réalisé dans le cadre d’un partenariat multiple associant la Ville de Coulounieix-Chamiers, l’Agence culturelle départementale Dordogne-Périgord/Conseil départemental de la Dordogne, la DRAC Nouvelle-Aquitaine et, à travers le contrat de ville, la Communauté d’Agglomération du Grand Périgueux, de la Préfecture de la Dordogne, de Grand Périgueux Habitat, de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations (DDCSPP 24), de l’Agence culturelle départementale Dordogne-Périgord.

Le titre Clair-Obscur, terme et technique artistique, a été choisi en référence à l’interprétation du grisé dans l’oeuvre de William Kentridge. L’artiste explique que lorsqu’il entreprend un dessin, il commence bien souvent par répandre sur la feuille de papier de la poussière de fusain. Il sculpte alors celle-ci, soit en ajoutant des marques avec le fusain, soit en retirant de cette matière, qu’il décrit comme un nuage flottant entre lui et la feuille de papier. Il compare cette mécanique à celle de nos jours, composée d’avancées comme de reculs qui se succèdent et se multiplient. Le dessin  terminé reste comme le témoin de ces innombrables va-et-vient, semblables aux trajectoires de nos vies comme au devenir des peuples. Le clair-obscur reste omniprésent pendant que l’ombre libère la lumière, la caresse et la révèle.
C’est aussi à l’histoire contrastée de l’Afrique du Sud, et à son empreinte sensible – de manière plus ou moins manifeste – dans les productions artistiques, que renvoie le titre de l’exposition. Les profonds changements en Afrique australe ont engendré une fertilité artistique sans précédent sur le continent.
La lutte pour la démocratie, les balbutiements d’un nouveau régime et les questionnements qui en dérivent quittent rapidement leur caractère historique, « anecdotique » ou régionalement spécifique pour s’universaliser et tous nous interpeller.

Tenant à l’écart l’idée d’un hypothétique et folklorisant « art africain », aux critères et à la géographie variables, Clair-Obscur propose un aperçu de la création plastique de ces vingt-cinq dernières années, dans laquelle affleurent inéluctablement l’histoire et la culture africaines ; mais l’exposition révèle surtout la sagacité et la vivacité des artistes, leur liberté à exprimer leurs espoirs, la complexité de leurs appartenances, et leur présence au monde.

Avec les oeuvres de : Willem Boshoff, Andre Clements, Kendell Geers, David Goldblatt, Jonathan Hindson, William Kentridge, Themba Khumalo, Marieke Kruger, Benon Lutaaya, Mario Macilau, Nelson Makamo, Gerhard Marx, Kagiso Patrick Mautloa, Lwandiso Njara, Robin Rhode, Tracey Rose, Minnette Vári

*Southern African Foundation For Contemporary Art, créée en 2014 à Johannesburg, avec pour principaux objectifs : partager l’art par amour et par passion, encadrer, soutenir et promouvoir l’art et les artistes contemporains d’Afrique australe, participer l’inclusion de l’art contemporain du sud du continent africain dans la globalité artistique contemporaine.
** Association Française de Soutien de l’Art Contemporain du Sud de l’Afrique

 

L’objet imprimé est au coeur de l’oeuvre de Blexbolex. A partir d’encres, de papiers et de différentes techniques d’impression, il crée des images à la fois saisissantes et empreintes d’une douce nostalgie. Le graphisme, minimaliste, se caractérise par l’abandon de la ligne claire au profit d’un subtil chromatisme ; son dessin est modelé par la couleur, en « une sorte de sculpture en 2D ».
Puisant ses sujets dans la vie quotidienne, s’inspirant de la démarche des artistes des années 20 et 30, son esthétique peut évoquer les affichistes russes, les Arts déco ou encore les albums du Père Castor.
Blexbolex a reçu en 2009 le Prix du plus beau livre du monde, à la foire du livre de Leipzig pour son Imagier des gens (Albin Michel Jeunesse), et en 2017 le Prix Pépite d’Or du Salon du livre jeunesse de Montreuil pour Nos vacances (Albin Michel Jeunesse).
L’exposition présentée à l’Espace culturel François Mitterrand, à Périgueux, rassemble diverses réalisations et travaux préparatoires, croquis, carnets, tirages intermédiaires et notes de travail, donnant à voir les processus de fabrication.

 

 

 

 

Anne De HEY!*, commissaire invitée, a choisi de présenter treize artistes français vivants, sélectionnés au sein de la grande famille artistique outsider pop qu’elle défend :

Jérôme Barbosa / Murielle Belin / Ciou / Alëxone Dizac / Elzo Durt / Easy Sacha / Séverine Gambier / Benoit Huot / mad meg / Mr Djub / Secrètes Savonnettes / Paul Toupet / Amandine Urruty.

Tel un cabinet de curiosité du XXI° siècle célébrant l’imaginaire, l’étrange et le merveilleux, « HEY! L’outsider pop français » met en lumière une scène artistique singulière et bouillonnante, et s’annonce comme l’évènement arts visuels du printemps !

*Anne De HEY! est commissaire d’exposition, éditrice, rédactrice en chef et directrice artistique du projet HEY!, structure pluridisciplinaire
associant revue d’art bilingue, expositions et spectacles. Anne & Julien, qui l’ont fondée en 2010, défendent « un art officiel mais non académique, pas underground ni alternatif mais furieusement contemporain ! », et oeuvrent à la découverte et la promotion des artistes issus des nouveaux arts figuratifs pop contemporains, qu’ils rassemblent sous le terme d’outsider pop.